« L'Université des monstres » ne passe pas le diplôme
Cette production de Pixar, un maître incontesté de la bande dessinée, des films d'animation, au-delà de la domination de Disney, qui vient de l'acheter, ne démontre pas le mérite de cette superbe boîte de dessins animés souvent remarquables.
Avec « Monstres Inc », il y avait de l'humour, de l'élan. de l'esprit inventif, une certaine gloriole et, surtout, un solide sens de la répartie, incluant la peur génétique des monstres sous le lit de tout enfant bien structuré. C'était amusant. Oui. Et fort bien structuré.
Après sa sortie, très réussie, de cette production, on a attendu un certain moment pour penser à la genèse de cette histoire, puisqu'on l'accomplit pour plusieurs succès récents, surtout ceux mettant en vedette des super héros. Pourquoi ne pas expliquer l'origine de deux monstres, Mike Wazowski et James P. Sullivan, ce dernier fils d'un autre monstre et héros?
L'aventure et le propos ont de quoi promettre de belles surprises, connaissant le talent de ses créateurs. John Lasseter en tête. Incluant Robert L. Baird (« Monsters Inc » « Cars »). Daniel Gerson (« Meet the Robinsons ») et le réalisateur Dan Scanlon (« Tracy », « Cars »).
Mais... Oui, mais. Le résultat de l'examen est plus que décevant, ne passe pas la barre exigée du succès de la réussite... scolaire ou cinématographique, malgré de bons dessins, des personnages parfois bien stylés et des formulations visuelles souvent intéressantes.
D'autant que la musique de Randy Newman (« Toy », « Monsters Inc 3D ») est bien calquée sur le sujet, avec les fameux glees universitaires et la prestation de corps de cadets si chers au monde universitaire américain (car, ces monstres sont des Amerloques, qui d'autres). C'est une excellente idée.
Parce que, pour annoncer cette production, ses instigateurs avaient lancé récemment « Monsters Inc 3 D » pour aussi rafraichir les mémoires. Ce n'était pas de trop, mais peut-être pas si utile au fond.
Parce que la démonstration de l'apprentissage de Mile et de Sully demeure ardue, longue, souvent interminable, sur des segments chers à Disney, la camaraderie et l'union font la force.
De fait, les auteurs ne soutiennent pas nécessairement ce motif, en raison d'un traitement disparate, pas toujours drôle. En ce qui me concerne, certaines séquences me sont apparues grotesques, avec cette famille de « bons mauvais monstres », d'une tiédeur quelque peu marquante mais pas éclatante.
Si Catherine Deneuve fait partie de la distribution de l'équipe de la psostynchronisation, réalisée au Québec (elle prête sa voix à la rectrice de la constituante des « bleus », les nouveaux), le champion québécois Georges St-Pierre joue Art, en plus d'Alain Zouvi (Mike), Louis-George Girard, Sébastien Dhavernas, Manuel Tadros, Patrick Chouinard (Sully). Hugolin Chevrette, Pierre Auger, Gilbert Lachance.
Si le jeune Mike s'inscrit à l'Université des Monstres, pour tout apprendre, Sully, lui,, est un étudiant lâche et nonchalant, se basant sur la popularité de son père. Les deux sont expulsés du programme et, pour être réinscrits, ils doivent remporter des jeux spéciaux organisés sur le campus, plus, sur un pari avec... la rectrice,
Tout y passe: les geeks, les nerds, les clubs et groupes sociaux universitaires, les timides, les bollés et les profs de tout acabit, rappelant, un peu, les approches d'Harry Potter. Sans parodie hilarante, plutôt terne, souvent tiède, drôle à quelques reprises, surtout une longue dissertation, visuellement réussie (3D inutile, me dit-on, moi qui l'ai vu en 2D), qui ennuie parfois au max, parce que verbeuse... aussi au max. Ce qui altère les effets visuels, les quelques insertions et allusions heureuses.
Quand j'ai visionné le film, il y avait beaucoup de jeunes enfants dans la salle, la clientèle visée par ce film. Les rires ont été plutôt discrets. Signe pas très encourageant.
Voilà une production qui aurait mérité plus de recherche « tactique » et moins de personnages verbomoteurs. Parfois, l'image suffit. C'est un divertissement agréable. Sans plus.
