« La reine des neiges », c'est selon l'hiver
Cette production de Disney met en vigueur la solidité artistique de l'entreprise, tout en déterminant une saison très importante, celle du temps des neiges, avec sa « Reine ».
Je vous avoue que, âge aidant ou ennuie de quelques belles réussites d'hier du même producteur, « La reine des neiges » m'a donné, en ce qui me concerne, un certain décalage, même si la « verdeur » de cette production disneyenne ne manque pas de panache.
La postsynchronisation québécoise de la production en demeure un atout indiscutable, selon une formule très efficace de Disney, alliant chansons et dialogues percutants, sans oublier les qualités indiscutables du travail dramatique et historique de Disney.
Je vous avoue que la coordonnée dramatique et culturelle n'a pas toujours gagné la précision des couleurs souhaitées, tout en déterminant un essai plus que louable. Selon moi, la détermination de quelques aspects comiques n'a pas atteint la cible. Vocalement par contre, la tentative est plus que concluante.
C'est en regard de la description dramatique globale que certains aspects « passés » des princesses m'ont dérangé. Un certain flou, peut-être?
Le fait est que la précision dramatique et organique, si je peux dire, définit une approche très créatrice, tout en se permettant des élans créatifs au jeu, ce qui est le cas.
De fait, justement, c'est peut-être la création légendaire du producteur et de ses auteurs sur la cohésion du texte plus « moderne », au désir d'être logique en promesse, crée une fantaisie qui joue parfois sur le pouvoir de sa conséquence. En termes plus clairs, on a voulu démontrer que des espoirs d'éviter les difficultés inhérentes à un pouvoir surnaturel exigent des précisions et des actions incontournables.
Sous cette description et cette action dramatiques et filmiques, « Le reine des neiges » définit la nécessité de transition ou de compensation. C'est le sujet définit du thème que la production, dont la justesse peut déranger par la rigueur de l'hiver, a tenu la route. De ce côté, l'éclat est total. Tout en déterminant une fantaisie plus décrite qu'animée, si je puis dire, on doit admettre que l'ensemble, la création visuelle, demeure une pure merveille.
L'hiver n'a jamais eu de si importantes et justes précisions techniques, visuelles, caloriques, que dans ce film, avec les conséquences de sa rigueur, de son vaste contenu climatique, tout en lui permettant la façon d'aimer et d'illustrer ses autres clartés animées et colorées.
Si cette approche, classique comme moderne, des histoires de princesses m'a ainsi un peu dérangé, le jeu défini de la production demeure un élan très important pour la qualité des textes autant que la justesse des personnages secondaires, tordants et souvent accrocheurs, appuyant ainsi les rôles principaux, aux prises avec des solutions pas toujours engageantes.
Peut-être que la description à la fois adulte et « plus jeune » permet à tous les spectateurs d'y obtenir leur compte, où la tentative est efficace, où les objets destinataires répondent selon leur âge ou leur « expérience ».
Si je suis demeuré un peu sur ma faim (en raison probable de mon « jeune âge animé »), le fait concluant demeure la qualité des esprits et des convictions des personnages, la justesse des rôles secondaires, qui ne le sont pas nécessairement, la superbe réussite des dessins et de l'animation, la profondeur de la musique et de certains textes, dont l'auteur est Christopher Beck (un montréalais d'origine, auteur entre autres de « Lendemain de veille », et « Red » et d'« Un amour fou »).
Cette histoire d'Elsa, qui a des pouvoirs magiques lui permettant de créer des objets en glace et en neige, de geler les choses qui l'entourent, blesse sa sœur Anna en s'amusant avec elle. Ses parents lui demandent de contenir ses émotions et ses pouvoirs à quiconque. Ils décèdent et Elsa devient l'héritière du trône. Au couronnement, une nouvelle sur sa sœur. La nouvelle reine s'enfuit et Anna part alors à sa recherche.
La réalisation de Chris Buck (« Les Rois du surf », « Tarzan ») et de Jennifer Lee, aussi scénaristes avec Shane Morris, à partir du texte de base d'Hans Christian Andersen, demeure habile et éclatante à plus d'un point de vue.
La conclusion s'impose et la réticence fond... de ses glaces.
Extrait visuel: http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=yAFzwiwWcjc.
Cote: trois sur cinq.
Anna arrive dans le palais glacial de sa soeur.Dessins remarquables. (Photo: courtoisie Walt Disney Pictures Canada)

