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20 Dec

Le « Hobbit II »: très vif, malgré quelques scènes de trop

Publié par Laurent Leblond  - Catégories :  #« Hobbit: désolation de Smaug » Cinéma Lido Rimouski

Le premier épisode du « Hobbit » de Peter Jackson ne manquait pas de reliefs et d'action, mais, selon moi, il y avait des séquences qui bouchaient manifestement des trous. Présenter chacun des nains avec insistance m'était entre autres apparu d'une longueur que je qualifierais d'insidieuse.

Les images abondantes et percutantes du premier opus reviennent avec force dans le second et de nouveaux essais visuels et infographiques indiquent directement l'objectif du même réalisateur.

Y'a des approches qu'on ne peut contourner et elles sont là avec une insistance non déguisée. D'autres définissent des attitudes inventives et manifestement retravaillées ou directement créées pour la chose et la démonstration.

Cette recherche visuelle illustre un petit livre qui, jusqu'ici, donne une production cinématographique de plus de 500 minutes et plus de la moitié sera de nouveau utilisée pour le volet III, prévu pour la même date en 2014.

Peter Jackson aime étirer la sauce. C'est connu. Et on ne s'est pas gêné pour le lui faire savoir à la sortie de son premier opus.

Donc, pour cette « Désolation de Smaug », titre de cette seconde partie, annonçant en fin de course, après la troisième, « Le Seigneur des anneaux », que Jackson a décrit avant cette explication d'origine, le réalisateur s'est donné une matière plus visuelle que narrative, ce qui lui permet de créer un film de près 250 minutes, longuement ajustées à des illustrations graphiques, infographiques. et visuelles justement, qui affichent des détails souvent pertinents, parfois répétitifs, surtout créatifs et justes pour la force des choix à démontrer.

Avec ses collaborateurs, Jackson s'est permis de construire des lieux féériques, en des mondes qui le sont souvent moins, ces environnements rendant manifestement hommage à cet univers qui nous entoure et dont on ne connaît qu'une parcelle. Le tout ramené sur un sol qui nous appartient.

Les histoires d'hier, les légendes, les narrations, les mythologies, tout y passe, avec ce zeste incontournable de la puissance des hommes d'aujourd`hui et de leurs découvertes, pour une aventure qui ne manque pas d'élan, de contenu, de soubresauts, d'étonnements et de situations profondément bien exploitées, décrites avec un aplomb technologique assuré et contenu dans sa grandeur, apportée à l'écran avec la technologie 3D qui sert adéquatement la démonstration.

Donc, l'histoire se poursuit, impliquant Bilbon Sacquet et les Nains, qui continuent leur quête vers la Montagne Solitaire, avec les trolls toujours à leurs trousses, alors qu'ils s'engagent dans la dangereuse forêt de Mirkwood. Les araignées géantes les attaquent et ils sont capturés par les Elfes, d'où ils s'évadent, puis, sont sauvés grâce aux talents du combat de Legolas et de Tauriel. Gandalf, lui, va alors seul, sur la piste de la force sombre, qui prépare secrètement son retour à Dol Guldur. Les Nains découvrent la fameuse porte secrète donnant accès à la montagne, alors que Bilbon doit fouiller le trésor et retrouver la Pierre Arcane. Mais, le dragon Smaug...

Tout est illustré avec une belle logique, sur des séquences parfois allongées à outrance (celle de la fuite des Nains sur la rivière ou celle de la serrure de la porte de la Montagne, par exemple), toujours par ailleurs menées avec un beau rythme, appuyées par des comédiens justes et tout aussi logiques, dans leurs caractéristiques originelles, sans pour autant oublier la forme humaine, ou l'annonçant.

La distribution, Martin Freeman (Bilbon) et Ian McKellen (Gandalf) en tête, supporte magnifiquement la dramatique et s'intègre à cette illustration hautement technologique, visuelle d'abord, le prétexte de la chose en fait.

Les comédiens se mêlent à la technique avec une belle intensité, permettant à cette forte description d'être vue avec une solide « tranquillité », comme tout conte d'hier ou... de demain. D'autant que le scénario permet de faire des références aux plus grands atouts de l'Homme, même devant ce mal qui ne cesse d'être mis en cause, nécessaire dans la circonstance. sinon, contre qui se battrait-on?

Philippa Boyens et Fran Walsh (son épouse) travaillent avec Peter Jackson, depuis le « Seigneur des Anneaux », et avec Guillermo del Toro (« Hellboy I et II », « Le Labyrinthe de Pan », « Pacific Rim »), qui a failli réaliser la première partie de la franchise, se basant sur l'œuvre colossale de J.R.R. Tolkien.

D'ailleurs, est-il utile de le rappeler, Peter Jackson a l'habitude de travailler avec la même équipe. Andrew Lesnie est encore le directeur, habile, de la photographie (très efficace) et le canadien Howard Shore (« Hugo », « Seigneur des anneaux ») se charge de nouveau de la musique de ce second volet, score intelligent, pas étonnant, où l'auteur s'amuse tout de même parfois (la séquence de la rivière par exemple).

Cette superproduction ne manque pas de panache; au contraire. Même si des séquences auraient eu avantage d'être plus compressées, sans rien perdre de leurs saveurs au fait, il est évident que Peter Jackson veut se faire plaisir et en faire autant pour ses amateurs et les cinéphiles.

Il n'a pas encore raté son coup.

Les images et la technique infographique de cette production sont époustoufflantes. (Photo: courtoisie Warner Brothers Canada)

Les images et la technique infographique de cette production sont époustoufflantes. (Photo: courtoisie Warner Brothers Canada)

Martin Freeman (Billbon) porte bien ce rôle. (Photo: courtoisie Warner Brothers Canada)

Martin Freeman (Billbon) porte bien ce rôle. (Photo: courtoisie Warner Brothers Canada)

Ian McKellen (Ganfalf) demeure une valeur sûre dans la production. (Photo: courtoisie Warner Brothers Canada)

Ian McKellen (Ganfalf) demeure une valeur sûre dans la production. (Photo: courtoisie Warner Brothers Canada)

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À propos

Arts et spectacles à Rimouski, Québec, Canada; cinéma et télé