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08 Sep

La course cache parfois ses peurs... ou ses espoirs

Publié par Laurent Leblond  - Catégories :  #Sarah préfere la course Cinéma Lido Rimouski

« Sarah préfère la course » de Chloé Robichaud (« Chef de meute », « Moi non plus ») est carrément minimaliste, autant dans la texture visuelle que dans les échanges dramatiques. Tout se joue dans le regard, surtout dans la passion de Sarah, la course olympique.

Cette présentation de la tranche « Ciné-Répertoire » du Lido Rimouski, pour la semaine du 6 septembre, propose une prestation québécoise, le premier long métrage de Chloé Robichaud, aussi auteure du scénario, dont la finesse réside surtout sur les non-dits, les regards et les espoirs non-avoués.

La force de ce film demeure dans le jeu des comédiens, Sophie Desmarais en tête, dans la démarche d'une vision de son avenir et dans sa démarche pour y arriver, sur un seul objectif, se réaliser dans un sport qu'on aime et qui précise ses attentes et ses espoirs.

Dans cette formule où les dialogues, plus limités, se précisent par des échanges hors champs, via le téléphone, « Sarah préfère la course » demeure une introspection de l'évolution d'un personnage, principal dans ce cas-ci, dont l'avenir se construit en cours de développement. C'est peut-être inhérent, mais l'évidence s'affiche à mi-temps.

Je vous avoue que j'ai eu un peu ce difficulté, en début de démonstration, à suivre la jeune femme et athlète dans ses méandres de « libération » vers le club athlétique de McGill, qu'on décrit comme rigoureusement bilingue, mais déjà politiquement « choisi », différence monétaire en prime.

Si Sarah accepte un mariage bidon pour avoir les sous et poursuivre sa démarche athlétique, sa découverte du « monde moderne », de l'émancipation autant culturelle que personnelle, sans oublier l'affranchisse parental, se décrit par un essai cinématographique assez solide. Chloé Robichaud se concentre sur le vécu de son personnage principal, c'est là le sujet du propos, tout en définissant certaine différences géographiques et culturelles.

C'est là que Sophie Desmarais définit avec une belle constance son personnage, torturé, d'une certaine manière, face à son choix, sportif comme émotif, qui s'annonce de façon assez évidente à la mi-course, alors qu'on étire un peu trop la sauce, par la suite. Si Sarah veut devenir une athlète olympique, elle définit aussi ses choix, face à ses engagements familiaux, qui la pèsent, et ses options personnelles. Le spectateur n'est pas toujours impliqué dans le coût. C'est là le problème principal de cette production. Presque aussi timide que son personnage principal.

« Sarah préfère la course » apporte une conclusion au titre, le choix premier de la jeune coureuse, tout en demeurant la définition progressive d'une fille en développement personnel, de fait le sujet de base de cette démonstration, qui demeure quand même subtile, en images minimalistes, statiques à l'occasion, habilement choisies en plusieurs séquences (en intimité de Sophie, surtout).

C'est là que la direction photo de Jessica Lee-Gagné, une habituée de la réalisatrice, atteint son objectif, sans abuser des effets, plutôt menée à la suite du jeu des protagonistes, convaincants... Je fiche à ce titre Micheline Lanctôt, en entraîneuse quelque peu énigmatique, Hélène Florent, en mère fière de l'être, voire possessive, et Benoît Gouin, en père du contraire.

En s'affranchissant de ses problèmes cardiaques, et du reste, Sarah choisit sa vie et son avenir. Comme sa scénariste-réalisatrice qui annonce quelque chose d'intéressant, avec un second long métrage présentement en préparation.

Sophie Desmarais propose une Sarah de belle allure dramatique. (Photo: courtoisie Les Films Séville)

Sophie Desmarais propose une Sarah de belle allure dramatique. (Photo: courtoisie Les Films Séville)

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À propos

Arts et spectacles à Rimouski, Québec, Canada; cinéma et télé