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29 Aug

Robi Botos: Oscar a dû aimer

Publié par Laurent Leblond  - Catégories :  #Robi Botos Festi Jazz Rimouski

Robi Botos, pianiste torontois d'origine hongroise, a carrément subjugué l'importante assistance, ce mercredi, en spectacle pré-ouverture du 28e Festi Jazz, à Desjardins-Telus.

Son mentor, Oscar Peterson, a dû sûrement apprécier de là-haut cette performance tout-à-fait remarquable.

Mark McLean, à la batterie, et Bryan Downs, à la basse (si j'ai bien compris les noms), l'ont supporté avec le même brio, dans une séquence de jazz pur, inspiré, sensible, impressionnant, souvent sous une suite étonnante de brisures de rythmes, imprévues, sans aucun avertissement, brillamment amenées - c'est là la beauté de l'exercice - , pour passer du latin au swing « Kansas City » sans crier gare, sans perdre les pédales ni la base fondamentale du tempo. Le tout livré en toute complicité, de tous les instants, et un plaisir tout aussi évident de partager la scène et le plaisir de jouer ensemble.

Dès les deux premières pièces, originales de Botos, le coup était lancé, sans aucune retenue, avec une impressionnante qualité de mises en notes et en impros. Le pianiste, accompli, légitime élève de Peterson, s'est donné à cœur joie dans une arabesque impressionnante, jumelée à une précision indiscutable de l'improvisation et de la structure musicale inspirante. Le doigté et la justice manifeste rendue à ce talent brut, dans le sens « diamantaire » du terme, n'ont pas raté la cible une seconde.

Le contrebassiste, jouissif par ses importantes contributions à l'ensemble, a dû, à tout moment, tirer son épingle du jeu, se prononcer sur la suite des choses avec une assurance qui n'a jamais raté la ligne de base, tout en se permettant des insertions toutes personnelles, avec l'appui inconditionnel du pianiste et du batteur, en parfaite symbiose.

C'était beau à voir et à entendre, aux standards comme aux titres originaux du pianiste, dont une magnifique ode aux souvenirs oubliés, polyrythmique, sensée, impressionnante, jamais banale, alors que ses deux complices ont été d'une constance non moins impressionnante.

Le Wayne Shorter était tout aussi admirable, alors que le batteur, un peu rude au début (je n'aime pas une impro pendant une autre impro), a rapidement pris sa place, celle qui lui appartient dans un tel combo, et n'a pas oublié de conserver sa livraison, usant joliment du hi hat (partie du « drum » qui indique par sa précision la qualité du... serveur) et de l'alternance des sonorités. Ses couleurs rythmiques ne manquaient pas de panache. Pas abusives, juste ce qu'il fallait.

L'apothéose est arrivée au rappel, avec « Place Saint-Henri », d'Oscar Peterson, au rythme endiablé, supporté avec brio par les trois musiciens, qui s'accomplissent pleinement dans ce qu'ils ont envie de faire, comme au magnifique « Emmanuelle », en hommage à son maître, Oscar.

Du grand cru, pour une soirée pré-ouverture qui annonce une belle suite.

D'autant que la proposition du Festi Jazz, au Cabaret Espace Scène de la salle Desjardins-Telus, pour les grands spectacles, est une idée importante et justifiée, en raison de la proximité de l'artiste et du partage indiscutable de la joie musicale avec l'assistance, qui demeure constamment au fait de la prestation.

Ce mercredi, Robi Botos était manifestement très heureux de la réaction de ce public, convaincu dès les premières notes que la soirée allait être très bonne. « You're an incredible audience », a-t-il lancé en fin de course, devant l'ovation non équivoque de l'assistance, après un rappel enlevé avec une superbe élégance.

Demain, même endroit, même heure, 19 h 30, Emilie-Claire Barlow (à guichets fermés) et départ des spectacles sous les chapiteaux, dont « Les Triplettes de Belleville ».

Toute la programmation au www.festijazzrimouski.com.

Robi Botos était en pleine possession de son talent et... de la salle. (Photo Laurent Leblond)

Robi Botos était en pleine possession de son talent et... de la salle. (Photo Laurent Leblond)

Le batteur ne manquait pas de panache non plus. (Photo Laurent Leblond)

Le batteur ne manquait pas de panache non plus. (Photo Laurent Leblond)

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À propos

Arts et spectacles à Rimouski, Québec, Canada; cinéma et télé