Voir « Rouge » (R.E.D.) en s'amusant
La deuxième mouture de « R.E.D. », après une première belle prestance, démarre sur une conséquence de la Guerre froide, permettant aux personnages, retraités des agences d'espionnage de plusieurs pays, de s'amuser. Et de nous divertir aussi.
D'ailleurs, « R.E.D 2 ». ne fait pas seulement référence au danger « rouge » de l'époque, surtout à une sorte d'association d'espions à la retraite, qui reprennent du service pour sauver le monde, particulièrement les États-Unis; cela va de soi.
Ce qui permet aux joyeux lurons de faire ce que font plusieurs retraités: voyager de par le monde. Et, dans ce cas-ci, de cogner sur tout ce qui bouge, « avec ou contre des collègues ». Voilà l'essentiel de cette franchise, aux intentions claires et affichées, permettre aux comédiens de s'amuser tout en divertissant la galerie.
Et ils le font très bien.
Pour un, John Malkovich, que j'ai toujours aimé voir jouer, autant dans de solides productions qu'en films de séries B, est ici hilarant de spontanéité et de.... franchise, je dirais. Marvin, son personnage psychopathe et brillant à la fois, fait des réflexions tordantes, surtout sur l'art des relations matrimoniales. D'autant que Bruce Willis, aussi impressionnant dans des films bien ancrés (il en fait, oui) que dans des pastiches de premier ordre de suspenses plus bruyants qu'autre chose, se prend aussi au jeu, dans ce rendu de Frank Moses, en amour avec une jeune fille pas espionne du tout mais qui aimerait bien l'être (suave Mary-Louise Parker en Sarah).
C'est pourquoi, les premières séquences sont du bonbon, principalement celle à la chapelle funéraire, où Malkovich démontre toute l'ardeur (eh oui!) de son talent et de sa « débrouillardise », rigide... comme un mort.
Donc, grâce à l'agence américaine (NSA, CIA et tutti quanti) qui les décline traîtres à la patrie, en raison d'une arme à destruction massive inventée en 1970 et quelques, dangereuse pour le monde... et surtout pour leurs fesses, ils se lancent dans la mêlée.
S'adjoignent une espionne britannique toute autant retraités, magnifique Helen Mirren, qui pousse la parodie en reprenant le rôle d'une reine dans une session... britannique (elle a déjà été Élisabeth II), aussi désinvolte que solide dans les exagérations de son personnage.
Parce que le film passe des États-Unis à Londres, sans oublier l'Europe, France incluse, l'Iran, Israël, l'Orient et la Russie, entre autres contrées, le voyage permettant de visiter de belles capitales et de vivre de belles reconstitutions, si je puis dire.
Tout est rodé au quart de tour et la parodie ne manque pas d'écorcher les « exploits » d'agences secrètes comme les relations internationales et des politiciens véreux.
Autant les séquences du début sont hilarantes, autant les poursuites (celles avec de rapides voitures sports et une... quatre chevaux dans Paris est assez drôle merci) et les scènes de négociations inter services (si on peut appeler ça comme ça) ou de cache-cache événementiel, demeurent au point. Justes assez.
Ce film sans prétention de gloire artistique, sans super héros, sans « aliens » ou sans grosses machines robotisées, mais conscient de son rôle de suspense comique, est réalisé dans cet esprit, avec les entourloupettes qu'il faut, sans exagérer et sans oublier de dévoiler des vérités sur le curieux monde politique et financier.
Catherine Zeta-Jones (chef espionne russe à Paris), Anthony Hopkins (en scientifique pervers) et Byung-hun Lee (l'espion oriental) créent aussi des personnages solides et crédibles, alors que les rôles secondaires, principalement de méchants ou de collaborateurs, font appel à plusieurs comédiens déjà vus en d'autres films de services secrets. L'astuce est vibrante et fort intelligente.
Dean Parisot (« Galaxy Quest », « Braqueurs amateurs », aussi connu pour ses séries télé comme « Monk », « The Good Wife » et « Modern Family ») fait preuve de son humour habituel dans son travail, très soigné, sur un scénario d'Erich et de Jon Hoeber (« R.E.D »), Warren Ellis (« Blade », « Ironman 3 ») et de Cully Hamner, dont les personnages sont typés et pour lesquels les aventures sont désopilantes.
Enrique Chediak (« 127 heures », « 28 Weeks After », « Charlie St.Cloud ») respecte la manière et le rythme aux prises de vues, alors qu'Alan Silvestri (le merveilleux thème de « Castaway », Forrest Gump », « The Avengers » et tous les « Retour vers le futur ») donne la pleine mesure de son inspiration, bien jaugée par cette aventure rocambolesque, qu'il illustre musicalement avec un évident plaisir.
Bande annonce:
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=4DcmfJ5Z8tI#t=39s
Cote: 4 (sur cinq)
Catherine Zeta-Jones, Mary-Louise Parker et Bruce Willis, tous excellents dans « R.E.D. 2 ». (Photo: courtoisie Les Films Séville)

