Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
15 Jun

« L'homme d'acier », puissant, étonnant... mais un peu long

Publié par Laurent Leblond  - Catégories :  #Homme d'acier Cinéma

Je m'attendais à mieux de « L'homme d'acier », qui promettait des surprises et comptant des atouts indiscutables. Absolument.

Surtout que Christopher Nolan (« Batman Begins », « The Dark Knight », « The Dark Knight Rises », « Inception ») est l'un des producteurs et fait partie des scénaristes de cette production d'une longueur excessive, très solide en première partie, trop pétaradante, et pas à peu près, en seconde, sur de longues séquences, superbement filmées, mais dont la moitié est parfaitement inutile. Trop de tape à l'œil injustifié.

Après avoir vu la première mouture pas mal moins « technique », au départ de 1978, avec Christopher Reeve et le réalisateur Richard Donner, suivie par trois autres, je pensais que Nolan et son équipe allaient se donner une marge de manœuvre plus éminente, malgré uns structure pour le moins efficace, et démarrer cette seconde franchise, qui doit compter trois productions, avec plus de retenue... pour la suite. Ce premier opus est gonflé à bloc. Un peu trop. Amputée d'au moins 30 minutes, cette première aurait pu être presque parfaite.

D'autant que l'ensemble ne manque pas de cohérence; mais l'équipe, le réalisateur Zack Snyder en tête, pas nécessairement reconnu pour créer des opus « songés », mais excellents au tonus visuel, a décidé en mettre plein les yeux et les oreilles en longues finales (là dessus, la musique d'Hans Zimmer n'est sûrement pas sa meilleure, lui qui a beaucoup travaillé avec Nolan), si bien que la seconde partie, au moment de l'attaque du Général Zod, demeure une suite souvent abusive, et répétitive, de destructions, de morts, de saccages, et d'édifices qui implosent. Vue une fois, la même séquence n'a pas besoin d'être répétée.

Parce que, sur Krypton, le père et la mère du premier bébé conçu « à l'humaine », Kal-El (futur Superman), décident de l'envoyer sur une planète « habitable », accueillante, la terre, pendant que l'avenir kryptonien est foutu, par la négligence de ses habitants, de ses dirigeants, qui n'ont pas respecté leur planète. Message inévitable lancé.

Donc, comme Marlon Brando, en 1978, Russell Crowe joue le père, Jor-El, et expédie son fils vers cette bienheureuse planète, pendant que le Général Zod se révolte et se fâche sérieusement avec Jor-El. Là, on retrouve l'amalgame des deux premiers Superman (1978, 1980), sans son humour bien britannique, sous la gouverne de Richard Donner et de Richard Lester.

Or, en attendant le retour inévitable de Zod et de sa gang, Clark Kent (Superman) arrive sur cette terre et est chéri par une famille du Kansas. Le père est joué par Kevin Costner, qu'on n'a pas vu depuis des siècles au grand écran. Il s'en tire plutôt bien.

Le jeune prodige essaie de ne pas trop dévoiler ses forces, parce « que les habitants de la terre en auront peur ». Il grandit en sagesse et en diverses jobs, dont une dans l'Arctique, où des travailleurs canadiens se conduisent comme des imbéciles (on sait qu'un des auteurs de Superman est d'origine canadienne) et où Lois Lane, la super journaliste du Daily Planet (Amy Adams est intéressante dans ce rôle), rencontre son « homme », alors qu'elle prépare son reportage sur une bizarre forme dans la glace. Lane retrouve déjà Kent en pleine « instruction » de son nouveau rôle, dans ce vaisseau spatial kryptonien, avec l'ombre de son père, joué par un froid, mais crédible, Russell Crowe. Kent essaie aussi de garder son sang froid. En plusieurs circonstances, la production annonce ses couleurs plus « humaines » (étonnant de Snyder), avec des insertions souvent tendres et fort bien amenées sur le rôle d'un terrien et sur le respect de ses engagements.

Mais, le général Zod (surprenant Michael Shannon) sort de sa torpeur glaciaire... Vous devinez le reste.

C'est là que ça dérape, que ça devient une suite ininterrompue de destructions massives, souvent décalées et répétitives, pour l'honneur de la chose et sauver à fois la terre et Krypton, soumise à un génocide.

Toujours juste au ton tout de même, la description visuelle est grandiose, lissée, à la manière Nolan, et par une prise de vues manifestement bien intégrée par Amir Mokri (« Transformers: Dark Side of the Moon », « Lord of War »), très « au fait » de ce genre de monde et d'effets. Ce qui apporte une dimension d'une belle exubérance.

Ce qui permet aussi à la distribution de bien s'en sortir, le britannique Henry Cavill en tête, dans le rôle de Superman, comme Diane Lane, dans celui de la mère du super héros. Sans oublier Laurence Fishburne, en directeur du « Daily Planet », ou Richard Schiff, que je retrouve avec plaisir (superbe dans « The West Wing ») en un scientifique dépassé... ou presque.

La réalisation de Zack Snyder (« 300 », « Watchmen », « Sucker Punch », « Dawn of the Dead ») demeure élégante, malgré un scénario quelque peu étiré, c'est surprenant, de David S. Goyer (« Batman Begins », «The Dark Knight », « The Dark Knight Rises », « Flash Forward »), sur une idée de Christopher Nolan.

« L'homme d'acier » est agréable à voir. Souvent impulsif, bien structuré visuellement, ce film de plus de 270 M $ demeure une assise très rassurante de cette nouvelle trilogie. Que j'espère moins répétitive à la suite.

Pour l'histoire, ajoutons que le tournage principal du « Superman » de 1978 commence en mars 1977 et se termine en octobre de l'année suivante, sur des tensions entre le réalisateur Richard Donner et les producteurs. La décision est prise de stopper le tournage de Superman II (tourné en même temps que le premier) et de finir la première production. Donner avait déjà tourné 75 % de « Superman II ». Il en sortira « superman II: The Richard Donner Cut », acceptée par la Warner. En 2006, cette version est proposée en vidéo.

Richard Lester a remplacé Donner à la première version de « Superman II », lui qu'on a accusé d'avoir « scrappé » la suite.

La production est conçue en 1973 par Ilya Salkind. Plusieurs réalisateurs, le plus connu étant Guy Hamilton, et scénaristes (Mario Puzo, David et Leslie Newman et Robert Benton) sont associé au projet avant que Richard Donner ne soit engagé pour le réaliser. Donner obtient l'autorisation de réécrire le script, pour le rendre plus intéressant. Mankiewicz est crédité comme consultant de création.

« Superman » est un succès critique et financier. Les commentateurs notent la performance de Christopher Reeve et la production ouvre la voie à des suites, pour la première franchise de super-héros à Hollywood.

En 2013, Christopher Nolan et son scénariste David S. Goyer lancent donc cette seconde franchise, Nolan, on le sait, ayant déjà « expliqué » les origines d'autres super héros, Batman principalement.

Ajoutons, aussi pour l'histoire, que Tim Burton avait été pressenti pour une autre suite, après « Superman IV », en 1998, avec Nicolas Cage. Le projet n'a pas abouti.

Henry Cavill propose un homme d'acier très crédible. (Photo: courtoisie Warner Brothers)

Henry Cavill propose un homme d'acier très crédible. (Photo: courtoisie Warner Brothers)

Russell Crowe campe le père de Superman, autre homme d'acier. Le jeu l'est aussi. (Photo: courtoisie Warner Bros)

Russell Crowe campe le père de Superman, autre homme d'acier. Le jeu l'est aussi. (Photo: courtoisie Warner Bros)

Commenter cet article

À propos

Arts et spectacles à Rimouski, Québec, Canada; cinéma et télé