Christopher Hall: humoriste. Aussi musicien? Ben oui!
Qui ne connaît pas l'humoriste Christopher Hall. Saviez-vous qu'il est aussi musicien professionnel, clarinettiste de formation classique, diplômé de McGill?
Il le prouvera à Rimouski, en septembre, avec l'Orchestre symphonique de l'Estuaire (OSE), lors de son concert-bénéfice annuel à la salle Desjardins-Telus.
Le spectacle s'intitule « Orchestre 101 » et il a déjà beaucoup tourné au Québec. Ami et collègue du chef Luc Chaput, avec qui il a joué de la clarinette alors que le chef jouait du hautbois, Hall jette un regard drôle et irrévérencieux sur le monde de la musique dite « sérieuse », faisant passer un moment très agréable, peu importe l'expérience du public avec le monde de la musique classique. Son humour est à la portée de tous et jamais vulgaire, lit-on dans une critique.
D'abord musicien pigiste, pendant une dizaine d'années à Montréal, il se tourne vers la carrière d'humoriste. Mais le musicien n'est jamais bien loin. Si bien que, depuis plusieurs années, il propose des concerts « comiques », afin de permettre aux orchestres classiques de se rapprocher du grand public.
En spectacle, il dévoile les travers, les préjugés et la rigidité du milieu musical. Tout y passe: l'étiquette de concert, la présentation des familles d'instruments, le rôle du chef, les types de chefs d'orchestre, l'histoire de la musique du Moyen Âge à l'ère contemporaine et, même, la façon de déballer un bonbon, sans se faire remarquer (il devrait donner une leçon comique sur comment manger du pop corn sans déranger au cinéma; ce serait fort utile). Ou le téléphone cellulaire qui sonne en plein concert. Quel manque de savoir-vivre!
Avec la complicité des musiciens et du chef, il explique le rôle de chacun, à sa manière. Selon plusieurs commentaires, il illustre l'époque médiévale en faisant chanter en polyphonie les musiciens de l'orchestre dans le chant grégorien « Veni Creator » ou fait mimer un « Harlem Shake » aux mêmes musiciens pour présenter la musique contemporaine.
Avec 65% de musique classique (Mozart, Britten, Stravinsky, Tchaikovsky, John Cage), Christopher se paie le pif des musiciens et du maestro, rappelant que la musique symphonique est à la portée de tous et ne nécessite surtout pas... un manteau de vison.
Ainsi, pour Christopher Hall, les contrebasses sont « les cols bleus de l'orchestre, se mettant à six pour faire le travail de deux », les violons, « des moutons », les violons altos « les petits gros », les trompettes « des touristes américains tapageurs » et les violoncelles, « de belles femmes bien roulées, bien sûr incompréhensibles ».
L'humoriste musicien (ou l'inverse), décrit aussi les cinq types de chefs d'orchestre: le vieux et vénérable, qu'on roule sur scène en civière et qui dirige d'une main molle de mort-vivant; le jeune chef énervé qui saute partout avec sa baguette en imitant le « Harlem Shake »; le chef séducteur, qui ne pense qu'à séduire toutes les musiciennes de l'orchestre; le chef bête et méchant, caractériel, dictateur diplômé, qui tient son orchestre sur la corde raide et qui menace d'exploser en dirigeant au doigt et au fusil (comme Louis de Funès dans « La grande vadrouille »); le chef invité, un politicien en campagne électorale, gentil et accommodant, puis nommé chef permanent, transformé en chef bête et méchant.
Ça doit sûrement vous intéresser. Ça se passera le 21 septembre, à 19 h 30, à Desjardins-Telus, avec les musiciens de l'OSE et le chef, aussi un humoriste à ses heures, Luc Chaput.
Les billets sont déjà en vente chez Spect'Art (www.spectart.com ou 418 724-0800) ou aux bureaux de l'OSE au 418 725-5354.

