« Louis Cyr: l'homme le plus fort du monde », un film sauveur?
Les critiques sont bonnes. Les pubs et le marketing sont aussi très ajustés à la venue de cette production québécoise, consacrée à Louis Cyr, l'homme fort du Québec (surtout dans le sens physique du terme), qui devrait aussi donner du lest au casting et au box office du cinéma québécois.
Cette définition, ou cette qualification, me fait un peu sourire, quand on sait que le cinéma en général, tous pays confondus, est en baisse, alors qu'Hollywood donne des navets au centuple, avec entre autres des artistes complètement soumis (faut bien manger et répondre aux potins), par des productions vulgaires et faciles à suivre (au cinéma, semble-t-il, pas besoin de penser).
D'ailleurs, si on reproche au cinéma québécois d'être trop « textuel », faudrait peut-être aussi penser que le nationalisme québécois passe rarement par l'appui à son cinéma, dont les potins sur les vedettes pognent plus dans les journaux du genre que les commentaires sur film...
Et quand, sur les réseaux sociaux (qualifiés de rois des communications d'aujourd'hui, autre aberration gonflée), on nous dit que la tragédie de Lac-Mégantic a initié 12 000 commentaires, le samedi du drame, et que l'embauche de Brière par le Canadien en a généré plus du double, au même moment, on n'a pas à se poser de question plus avant: l'indécence sociale du Québec donne une autre couleur à ce « succès » du cinéma d'ici. Et provoque un frisson général de déception et d'interrogations, si je puis dire.
Donc, ce film d'ici fait jaser, avant et après la première. Et il pourrait bien sûr donner de l'élan au box office québécois. Parce qu'il est bon, semble-t-il, et qu'il raconte un homme fort du Québec, 100 ans après ses exploits. Sans mauvais jeu de mots, cette production donnerait du « poids » aux films d'ici. On verra.
Je visionnerai le film au Lido Rimouski, dès vendredi, et je vous en parlerai, c'est sûr.
J'ai aussi vu le « making of », où le comédien Antoine Bertrand raconte sa préparation sur presque un an, et où le réalisateur Daniel Roby (« Funkytown », « La peau blanche ») explique son enthousiasme sur le sujet et sur ce qu'il a pu faire et montrer avec un budget de 8 M $ (Emmerich a obtenu plus de 200 M $ pour son super navet sur la Maison Blanche « terrorisée »).
Rose-Maïté Erkoreka (épouse de Cyr) et Guillaume Cyr (adjoint de Cyr) travaillent dans ce film, dont on parle de la pertinence et de la qualité de la distribution. Les défis techniques (ça se passe au début du XXe siècle) ont exigé plus de 300 plans d'effets spéciaux, pour reproduire d'imposantes foules, des paysages d'époque, les rues de Montréal, de New York et de Londres à cette époque.
En 130 minutes, l'histoire de cet homme fort et de ses « faiblesses », autant que de sa relation avec sa fille qui voulait devenir comme lui, une femme forte, ce qu'il a refusé, met aussi en vedette Gilbert Sicotte, Éliane Gagnon et Gil Bellows.
Le scénariste Sylvain Guy (« Détour », « La liste noire », « Machine Gun Molly ») s'est inspiré du livre de Paul Ohl et d'articles d'époque dans « Le Presse », et admet même en entrevue qu'il pourrait écrire une suite, sur la vie de la fille de Louis Cyr.
Et comme, pour moi, le cinéma est aussi une histoire de belles images, je suis heureux de savoir que Nicolas Bolduc est le directeur photo, lui qui a travaillé au superbe « Rebelle » et au « Banquet ». Jorane et Éloi Painchaud ont écrit la musique.
Horaire à Rimouski: tous les jours, 12 h 35, 13 h 30, 18 h 35 et 21 h 30.
Bande-annonce:
https://www.youtube.com/watch?v=itXnWJc_4BQ&feature=player_embedded#t=7s
