Martin Roussel rencontre Jacky Terrasson à New York
Le coordonnateur du programme jazz-pop du Cégep et du Conservatoire de Rimouski et président du Festi Jazz international de Rimouski, Martin Roussel, revient aujourd'hui d'un séjour de quelques jours à New York, où il a rencontré le pianiste Jacky Terrasson.
Cette rencontre avec le jazzman virtuose vient à la suite de son passage au Festi Jazz, il y a trois ans, alors qu'il avait donné un concert mémorable avec Lorraine Desmarais, en duo pianos jazz.
À ce moment-là, Martin Roussel avait longuement discuté jazz avec le pianiste et lui avait demandé s'il pouvait aller à sa rencontre à New York, pour échanger sur le style et sa vision du jazz. « Je lui ai fait part de mes attentes, de mon approche et de cette possibilité de préciser nos visions communes de la note bleue et de l'approche pianistique. »
Après six mois de tournée, Terrasson a communiqué avec le président du Festi Jazz et lui a offert quelques jours d'un séjour dans la métropole new-yorkaise, aujourd'hui aussi capitale américaine du jazz, de toutes souches.
« Comme j'étais en mi-session au Cégep, j'ai fait le voyage, une rencontre absolument mémorable avec un musicien disponible et ouvert à toutes les formes de discussions jazz. En quelques sessions de deux heures, nous avons indiqué nos choix musicaux, selon les attentes et les inspirations de chacun. Ce n'était pas un cours didactique de sa part, mais une illustration personnelle des conceptions communes d'une formule jazz. Terrasson indiquait sa façon de voir et d'entendre telle improvisation ou son approche d'un thème en particulier. C'est ainsi; il y avait comparaison commune ou indication personnelle d'un trait jazz et ces échanges me permettaient de constater la façon Terrasson d'entendre tel ou tel titre. Je lui ai proposé quelques-unes de mes compositions et il les a commentées avec sa vigueur jazzique habituelle. »
Ces rencontres ont eu lieu chez Jacky Terrasson, à Manhattan, et Martin Roussel admet que sa vision du jazz pianistique et des improvisations en général a connu une nouvelle couleur, dans cet échange mutuel d'une passion commune, celle du jazz. « Ça se passait au-delà de la vision tonale du thème, sous la vision musicale ou inspirée de telle ou telle musique. Terrasson avait ses formules de langage musical, moi les miennes. Les conclusions communes sont très importantes pour moi, autant comme compositeur que comme enseignant en musique jazz. J'ai passé là des heures mémorables. Avec un musicien inspiré et d'un style qui donne une nouvelle dimension à une conception du jazz et à sa qualité très personnelle. »
Martin Roussel ajoute que son périple, court mais enrichissant à New York, lui a permis de voir la formule jazz différemment, tout en conservant des tons personnels, sous un nouvel éclairage.
Il en a aussi profité pour aller faire un tour au mythique Birdland, « The Jazz Corner Of The World », entre autres pour y apprécier le trio de Benny Green, pianiste qui a été membre de l'Art Blakay Jazz Messengers, qui a aussi travaillé avec le guitariste Russell Malone, invité du Festi Jazz, et le contrebassiste Christian McBride, rencontrant aussi avec le regretté Oscar Peterson. « J'ai eu une belle conversation avec lui. »
Le pianiste ajoute: « J'ai aussi fait le tour de quelques autres boîtes jazz, dont celles de l'underground, et ces rencontres m'ont permis d'établir des contacts pour le Festi Jazz. Je reviens avec plusieurs cartes d'affaires. »
De retour mercredi, Martin Roussel se dit très heureux de ce séjour à New York, de ces rencontres avec Jacky Terrasson, comme de sa « tournée jazz new-yorkaise ». « Avec une vision « rafraîchie » en quelque sorte du piano jazz et de la note bleue, qui me servira pour mon enseignement et mon cheminement musical personnel. Je ne regrette pas une seconde ce superbe périple. »
Le coordonnateur du programme jazz-pop du Cégep et du Conservatoire de Rimoski, aussi président du Festi Jazz, Martin Roussel. (Photo Laurent Leblond).

