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29 Dec

Huit ans de grâce...

Publié par Laurent Leblond  - Catégories :  #Bonne Année Bonne santé CHRR Rimouski

29 décembre 2005 (pas 2006; je vieillis trop vite). Depuis plus de sept mois, je ne me sens pas du tout en forme.

Après une violente grippe et une fièvre carabinée, à la suite de semaines bizarres, je constate que les forces physiques diminuent. Je poursuis du mieux que je peux ma pige à L'Avantage, tout en évaluant chacun de mes efforts professionnels.

En novembre, c'est de mal en pi. Je ne peux monter les trois étages de mon immeuble sans que je ne sois épuisé, essoufflé, à bout. Mon fils ne cesse de me dire de consulter. J'ai terriblement peur d'une maladie grave, mais je me « console » en me disant que je suis fatigué.

Un certain samedi du début décembre, un chauffeur de taxi - ils sont tous des amis - me dit, sans blague, en me regardant droitement: « T'es pas bien toi. Tu es vert foncé. Tu devrais te faire soigner. » N'écoutant que mon « courage », je commence à poser des questions à ma cousine, infirmière, qui me répète tout ce qu'on me dit: « Vas voir un médecin, ça presse. »

N'étant pas trop attiré par des avis médicaux face à face, je « toffe » la brise, de plus en plus agressive. Incapable de dormir couché, je sommeille assis, anxieux, au bord de la crise finale.

Le 29, en journée, je fais une épicerie de peine et de misère. J'ai les jambes enflées, le ventre arrondi et le pénis en équerre. Le mâle réagit. À 21 h, je téléphone à Info Santé où l'infirmière de service me dit illico, à l'écoute des symptômes: « C'est inquiétant. Allez à l'hôpital le plus rapidement possible. C'est même urgent, à mon avis ».

Affolé, en angoisse chronique, sans souffle et lourd (je dois peser plus de 220 livres), je rappelle ma cousine, qui, sans hésiter, vient de chercher à l'appartement et m'amène à l'hôpital.

Je m'inscris et l'infirmier du triage me regarde, palpe mes jambes et me dit: « Ce n'est pas votre pénis qui m'inquiète, ce sont vos jambes. » Sans attendre, je passe un électrocardiogramme. Puis un autre. L'urgentologue demande des prises de sang et des contrôles vitaux immédiats et je me retrouve dans un lit d'urgence, en jaquette, médicamenté du coup, et devant une super infirmière (très jolie), au sourire engageant, qui effectue les tests en me disant de rester calme.

Ma cousine, toujours là, m'attend, près du lit, et me regarde, convaincue du diagnostic.

L'urgentologue arrive une heure plus tard (il est deux heures du matin) et me dit que je dois être hospitalisé, car j'ai un sérieux problème cardiaque. « Soyez rassuré, on s'occupe de vous », dit-il tout en me prescrivant ce qu'il faut et me signalant que j'aurai une chambre pendant la journée.

La responsable de l'inscription vient me voir et remplit les documents nécessaires, on ferme les rideaux, diminue l'éclairage et me conseille de dormir. Je suis épuisé, en chaud et froid, dis merci à ma cousine qui s'en va et je pique des larmes. J'ai peur (je suis un homme après tout), mais, en même temps, je me sens rassuré, plus calme même. Et je m'étonne.

Au matin, on m'apporte un déjeuner, que je mange à peine (trop stressé), et on me monte à ma chambre, aux soins coronariens. Il y a là un autre patient, plus âgé que moi, qui vit le même problème. J'ai téléphoné à mon fils au matin et je lui demande de m'apporter des vêtements de rechange. Tout mon « barda » d'entrée est placé dans ma garde-robe.

Les infirmières de l'étage, celle responsable de ma section et celle de liaison, viennent me voir régulièrement. Le « 2 coronarien » est plein. Le cardiologue de service vient me voir et me confie que je fais une grave insuffisance cardiaque et qu'il en cherchera la cause exacte. Je dois passer un test plus poussé au cours de l'après-midi, qui confirme le verdict et me qualifie d'un cœur très fatigué, imposant, entre autres, une cure de baisse radicale de poids (évacuation d'eau non évacuée retenue par le cœur épuisé) . Mon fils arrive vers 17 h, avec des vêtements et un air anxieux, devant mon état. Je suis plogué de partout et je suis vert comme un concombre trop mûr.

Je passe dix jours à l'hôpital, soigné avec passion et rigueur, par tout le personnel, des spécialistes aux aides, en passant par les infirmières et tous les responsables des départements que je visite (et c'est une job à temps plein).

Des incidents? Non, sauf un Jour de l'An hyperactif pour un personnel limité, un après-midi anxieux réglé rapidement par une prescription, deux visites rapides du personnel médical, parce que mon cœur fait des siennes, dont une en pleine nuit, alors que je dormais comme un loir et que trois superbes visages étaient penchés sur moi, me laissant penser que j'étais rendu au ciel. « Avez-vous mal quelque part, des douleurs? », « Non, je dors ». « Votre cœur s'est soudainement arrêté. » « Encore ? ».

Plus tard, on m'expliquera que j'ai un déséquilibre d'un côté du cœur et que mon rythme cardiaque demeurera inégal, voire inquiétant à certains moments. Mais, je réponds bien à la médication (encore aujourd'hui).

Autre fait marquant de mon hospitalisation: le cardiologue constate, au quatrième jour, que je n'évacue mon eau de surplus pas assez vite. Prescription: une bombe, me dit l'infirmière. Je me couche et je m'endors, serein et tranquille. Mais, je rêve que j'ai une envie de colosse. « Monsieur Leblond!, Qu'est-ce qui se passe ?», que j'entends à peine éveillé. Un infirmier me réveille. Je suis mouillé de la tête aux pieds et mon lit est bien rempli. Le personnel change le tout et je me rendors paisiblement.

Après une cohorte d'examens et de contrôles, je quitte l'hôpital le 9 janvier, avec un an de plus au compteur (mon anniversaire est arrivé pendant mon hospitalisation), avec un ordre de repos et de médications précises, comme de rendez-vous médicaux bien serrés.

Ma santé va bien, j'ai poursuivi ma retraite active à L'Avantage, jusqu'à ce qu'on me dise, par le nouveau proprio (de Montréal), en janvier dernier et très rapidement, sans autres formules, que ma pige n'est plus nécessaire. Après un remplacement d'un mois en août, toujours à L'Avantage, c'est de nouveau la retraite moins active (j'ai entre autres fait l'offre d'une chronique hebdomadaire, comme « Sur la scène »; non!), après plus de 45 ans de journalisme impliqué et heureux; et je m'ennuie, un peu. Mais, ça c'est une autre histoire. Moins joyeuse.

Je suis en bonne santé, grâce aux soins constants d'un service de santé efficace, et le moral, qui a écopé récemment, est bon, bien entouré que je suis. Avec le personnel médical, la famille et des amitiés profondes demeurent un atout indispensable.

Le Nouvel An s'en vient. Je me le souhaite plus détendu et moins bousculé, toujours en santé. Je vous en offre autant, de santé, de plaisir, de réussites et de surprises.

Le Centre hospitalier régional de Rimouski. (Photo: courtoisie)

Le Centre hospitalier régional de Rimouski. (Photo: courtoisie)

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