Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
28 Dec

« Le loup de Walt Street »: quand la haute finance est totalement folle

Publié par Laurent Leblond  - Catégories :  #« Le loup de Wall Street » Cinéma Lido Rimouski

La haute finance (ce n'est que le nom) n'a pas nécessairement bonne réputation. Surtout depuis la débandade d'il y a quelques années, causée par des fumisteries des maisons pas chères, mais qui ont coûté... cher et des années de prison. Sans pour autant changer grand chose aujourd'hui, d'après ce que les nouvelles lancent à tous les jours.

Le projet de ce film date de plusieurs années (avant 2010, par la FOX et Tony Scott). Abandonné, il est récupéré par Martin Scorsese qui le tourne en 2012. Pour le lancer en 2013 et être reconnu pour être une production qui ne manque pas de panache et d'audace.

À 73 ans, Scorsese bouillonne de projets et de dossiers, lui qui a entre autres produit la superbe série « Boardwalk Empire », qui traduit le monde interlope pendant la prohibition, et que HBO a promue avec le succès que l'on sait. Scocese a d'ailleurs réalisé le premier épisode de cette saga, lancée par Terence Winter (« Les Sopranos »), auteur du scénario de ce film, sur la biographie de Jordan Belfort, un Américain sans le sou qui décide de devenir millionnaire en se chargeant de l'argent des autres.

Résumons: comme courtier à Wall Street, Jordan Belfort cherche un emploi bien rémunéré pour gagner sa vie, alors que son mentor, Mark Hanna, l'incite fortement à boire et à consommer des substances illicites, « pour mieux performer ». Jordan fonde une maison de courtage, rapidement prospère en extorquant de l'argent à ses clients. Lui et ses collaborateurs s''en mettent plein les poches, ne pensant qu'au sexe et à la drogue. Mais, le FBI veille...

Martin Scorsese et Terence Winter construisent une solide dramatique, qui ne cesse de mettre les points sur les I tout en se dressant une histoire autant drôle, caricaturale, d'une existence qui ne cesse de détruire celle des autres sur des promesses de richesses assurées, mais fort improbables...

Le réalisateur chevronné se permet des fantaisies, comme il sait si bien le faire (de « Hugo » à « L'aviateur »), sur une précision d'une justesse remarquable, autant qu'avec des exagérations scéniques qui ne manquent surtout pas d'audace et de situations tout à fait mémorables.

À mon avis, la séquence du retour de Belfort, du grand hôtel à chez lui, après le téléphone à son agent détective privé, qui lui annonce la filature du FBI, est complètement givrée. Parce qu'il est totalement désarticulé physiquement et mentalement par une drogue, vieille mais hyper puissante, conduisant sa voiture de luxe sur un kilomètre. Séquence réussie comme ça, c'est du génie et de l'anthologie, autant que les rencontre en Suisse, pour l'évacuation de millions illicites, des States à la banque du pays « libre ».

Toute la durée du film (180 minutes) propose une succession de séquences les plus folles les unes que les autres, tout en conservant une logique dramatique et chronologique de premier ordre, alors que tout s'enchaîne avec une minuterie autant dramatique de première, ce qui permet aux différentes situations de se compléter sur la précision qui s'impose.

Le scénario est traité selon cette audace qui permet à Martin Scorsese de s'amuser, manifestement, avec les tranches de la vie absolument folle de ce preneur de Wall Street, rompu aux drogues, aux femmes et à l'argent millionnaire. Tout pour la vie, en plein délire.

Le visionnement de cette production gigantesque, à la hauteur de la dérision d'un métier (sic) qui a sérieusement perdu du galon, laisse passer ses trois heures avec une vitesse incroyable, ramenant des insertions d'hommages, à quelques bandes dessinées, comme celles de Popeye.

La justesse est « maniaque », comme diraient les jeunes d'aujourd'hui, sur des séquences qui décrivent les folies des années 80 à 2000. Cette démonstration est aussi très solide, sinon géniale, par les comédiens, qui prennent chacun leur rôle de façon plus que professionnelle; si ça se peut.

Leonardo DiCaprio (Belfort) joue ce courtier avec une vigueur (tous azimuts) très agréable à admirer et qui, selon moi, pourrait lui mériter plusieurs récompenses. C'est convainquant de la première image à la dernière, sous une vérité d'expression qui ne manque pas un punch.

Jonah Hill (son premier associé) est de la même mouture, ce qui doit être normal, vous me direz, mais qui, en toute valeur, est audacieuse et jouxte bien à l'ensemble; Margot Robbie (l'épouse de Belfort), magnifique à tous points de vue, campe cette femme qui conserve son sang froid et qualifie ce rôle avec la justesse indispensable qu'il lui faut; Kyle Chandler (l'agent du FBI), comédien que je trouve toujours juste (il a campé un chef instructeur de football génial, dans la série « Friday Night Lights »), offre cet agent à la mesure de la fonction; Rob Reiner (le père de Belfort) demeure le comédien qui sait autant diriger que jouer, c'est tout dire; Matthew McConaughey (le mentor Mark Hanna) propose un rôle court, mais édifiant (rappelant entre autres le style du jazzman Bobby McFerrin, très populaire à ses grands essais aux années 80 avec son chant d'onomatopées tout en marquant le rythme avec ses mains sur son corps), pour une prestation cinématographique intense, surtout lors de le crack de 1987; n'oublions pas non plus Jean Dujardin (« The Artist »), en dirigeant de cette banque suisse; et Jon Favreau, réalisateur (« Iron man ») et comédien, aussi efficace.

Si la distribution est aussi solide, c'est que la direction d'acteurs est évidemment de même eau, sous des images dirigées sous un superbe aplomb par Rodrigo Pietro (« Argo », « On achète un zoo », « Biutiful », « Souvenirs de Broakeback Mountain ») et le choix musical d'un collaborateur de toujours de Scosese, Randall Poster(« Boardwark Empire », « Aviateur », ««Hugo », « Sky Fall », « Mildred Pierce »), basé sur des airs fort connus de cette époque, dont « Bang! Bang! », « C'est si bon », « Never Say Never » ou « Mrs Robinson ».

Extrait vidéo: http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=GT9UfSqBz9o#t=25.

Cote: quatre point cinq sur cinq.

Leonardi di Caprio joue merveilleusement Jordan Belfort. (Photo: courtoisie Paramount Pictures)

Leonardi di Caprio joue merveilleusement Jordan Belfort. (Photo: courtoisie Paramount Pictures)

Di Caprio et Jonah Hill se complètent merveilleusement. (Photo: courtoisie Paramount Pictures)

Di Caprio et Jonah Hill se complètent merveilleusement. (Photo: courtoisie Paramount Pictures)

Séquences érotiques assez flyées, merci. (Photo: courtoisie Paramount Pictures)

Séquences érotiques assez flyées, merci. (Photo: courtoisie Paramount Pictures)

Commenter cet article

À propos

Arts et spectacles à Rimouski, Québec, Canada; cinéma et télé