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06 Aug

Da Costa et Dong: musiciens éclairants

Publié par Laurent Leblond  - Catégories :  #Concerts aux Îles du Bic Rimouski

Le concert prestige préouverture de la 12e édition des Concerts aux Îles du Bic, samedi, à l'église du Bic justement, portait sur les « Conversations: l'art de la sonate », avec deux musiciens, magnifiques et complices.

Le violoniste virtuose Alexandre da Costa et le pianiste tout aussi virtuose Wonny Wong ont livré une prestation tout-à-fait irréprochable, avec la fougue et la tendresse, si je puis dire, nécessaires à une telle exécution.

Pour la Sonate numéro cinq en fa majeur, opus 24, de Beethoven, dite « Le printemps », pour sa couleur joyeuse, les thèmes se retrouvent facilement, dans un chassé-croisé continu entre le violoniste et le pianiste aussi soliste, sous la couleur typique du génie de Beethoven. Les deux musiciens émérites n'ont pas lésiné sur la rondeur requise.

Toute en nuances, l'œuvre du grand compositeur allemand a été livrée avec un tonus qui ne manquait pas d'élan et de panache. Aucun temps mort, beaucoup de précision et de respect pour cette sonate qui avait déjà conquis la très importante foule (remplissant l'église Sainte-Cécile du Bic presque au complet), éclatant autre succès de ce premier événement des 12e Concerts aux Îles du Bic.

La codirectrice artistique du festival, la violoniste Élise Lavoie, mentionnait d'entrée de jeu avant le concert que la 12e édition allait revenir à des récitals moins « élaborés », plus intimes par le nombre, mais autant révélateurs des magnifiques œuvres qu'ont écrites les grands compositeurs pour la musique de chambre.

Ce premier récital ne pouvait mieux « tomber », avec ce duo très convaincant en la matière, qui a enchaîné, après Beethoven, avec une sonate de Brahms, la numéro 1 en sol majeur, opus 78, très introspective. Pas facile cette pièce, à l'exécution exigeante, mais relevée par les deux solistes, échangeant magnifiquement le dialogue musical proposé par le compositeur, que les deux jeunes musiciens rêvaient de jouer très jeunes. Mission royalement accomplie.

En seconde partie, du même Brahms, une autre sonate, la numéro 3 en ré mineur, opus. 108, écrite entre 1878 et 1887. Dédiée au chef d'orchestre et ami de Brahms, Hans von Bulow, elle a été créée à Budapest par Jenő Hubay et Brahms, le 22 décembre 1888.

C'est la seule des sonates de cet auteur pour violon et piano écrite en quatre mouvements, éclairants, vifs, fougueux, proposés par les deux musiciens avec la même ardeur et la même précision, sans oublier cette complicité manifeste depuis le début du concert. De la grande musique livrée par de grands artistes, applaudis à tout rompre par la foule conquise depuis le début, ravie par cette approche incontestable de da Costa et de Song.

La musique est, pour moi, une question de feelings, de vibrations, de vérité, tout en respectant la technique et la force de la partition. Autant les uns que les autres. Pour le bonheur de l'âme.

C`était le cas, samedi.

Il y avait là une complicité qui fait du bien. Et les deux musiciens participent au festival toute la semaine. Allez les voir. L'audition en vaut la peine.

Avant le concert, samedi, une longue filée de spectateurs attendait à l'extérieur de l'église pour y accéder. (Photo: Laurent Leblond)

Avant le concert, samedi, une longue filée de spectateurs attendait à l'extérieur de l'église pour y accéder. (Photo: Laurent Leblond)

Les deux musiciens, excellents complices, sont chaudement applaudis à la fin de ce superbe concert. (Photo: Laurent Leblond)

Les deux musiciens, excellents complices, sont chaudement applaudis à la fin de ce superbe concert. (Photo: Laurent Leblond)

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À propos

Arts et spectacles à Rimouski, Québec, Canada; cinéma et télé