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10 Aug

« Hot dog »: petite saucisse

Publié par Laurent Leblond  - Catégories :  #« Hot dog » Cinéma Rimouski

Ce n'est pas la comédie québécoise du siècle. Ce n'est pas un navet non plus (ça se mange mal avec une saucisse). Mais, la viande est plutôt mince... pour un hot dog avec une mini saucisse.

D'emblée, j'ajoute que j'aime mieux voir un film québécois mineur, et bien « essayé », que de subir les inepties d'Adam Sandler et compagnie, américaines et débilement états-uniennes. riches en argent mais pauvres en inspiration, souvent très suivies au Québec. Ça vient des States, alors...

Quand même, à entendre la réaction de l'assistance, vendredi, en salle, ce film-là va marcher quoi qu'en pensent quelques critiques « seniors » de la Belle Province. Et je crois que c'est heureux, parce que c'est une production film d'ici et que les gens d'ici vont apprécier le voir. Quand même.

Je ne suis pas chauvin. Au contraire. Mais, faut parfois savoir faire la part des choses.

Absolument, les blagues de toilette sont de trop, même si le personnage d'Édith Cochrane apporte une belle répartie après la « boutade » de l'ancien actionnaire (Lemire) de « Saucibec ». Des séquences sont parfaitement inutiles, et hors contexte, comme celles de l'histoire de l'échange de Patrick Roy du Canadien au Colorado ou les arrivées suivies de près des autos à destination, avec le conducteur qui débarque, ferme la portière, se rend à la maison destinataire et cogne à la porte. On le sait, bordel, comme dirait les Français. Une façon comme une autre d'allonger le film, pour le rendre conventionnel, avec au moins 90 minutes de pellicule. Comme cette diatribe sur la Madone. Assommante.

Parce que le motif est mince, très mince. Ce qui donne une saucisse plutôt petite et un enrobage, le pain, énorme, un peu indigeste en fin de course, faut l'avouer.

Le réalisateur, Marc-André Lavoie, aussi scénariste (« Bluff », excellent, et « Y'en aura pas de facile », plutôt divertissant) se limite ici à « « trois intrigues enchevêtrées », alors qu'habituellement il en mélange quatre ou six dans le même film, alors dit « choral ».

« Hot dog » c'est Paul, se croyant évincé par ses collègues actionnaires de « Saucibec », décide de se venger et dépose une de ses dents dans le mélange à saucisse. Or, le quatrième partenaire été licencié et il décide de lui faire passer la faute sur le dos. Paul, sa compagnie et l'associé remercié tentent d'amadouer François Pigeon (le nom exact pour la chose), l'homme qui a trouvé la dent, lui offrant toujours davantage d'argent pour acheter son silence. Pendant ce temps, le parrain de la mafia veut remercier François, qui l'a involontairement sauvé d'une tentative d'assassinat, et se retrouve mêlé à l'affaire.

Les quiproquos se multiplient parfois habilement, avec le tueur à gages maniant des « tablettes » d'hier, les efforts de tous pour sauver leur peau, alors que la présence de la petite fille de Paul en quelques séquences doit, je crois, servir de... « détente ».

S'il y a plus d'erreurs dramatiques, au contenu disparate et pas assez serré, il y a quand même des insertions assez habiles, dont les négos de Pigeon avec ses « fournisseurs » ou les deux enlevés qui se retrouvent dans la maison de kidnappeur... « professionnel ».

Ce film est une belle initiative. Absolument. Il aurait mérité plus de rigueur, moins de distractions dérangeantes et de longueurs voulues ou accidentelles. La chose n'est pas concluante. Peu s'en faut; mais, elle permet tout de même quelques sourires, un rire ou deux (la séquence de l'échange des « prisonniers », entre autres) tout en se posant des questions sur le sort de l'actionnaire floué... laissé sur une patte...

De fait, « Hot dog » mérite par le jeu des comédiens, Paul Doucet en première ligne, toujours aussi désinvolte tout en étant le plus sérieux possible, Rémy Girard, un habitué de Lavoie, toujours aussi... « intense », Éric Salvail, une surprise (il m'a étonné, moi qui le trouve trop souvent fade), Pierre-François Legendre et Édith Cochrane, qui donnent le couple de « maîtres chanteurs » (sic), avec une certaine élégance, Daniel Lemire, avec sa bouille habituelle, Dino Tavarone et Romano Orzari, deux mafiosos issus de la série « Omertà », qui remplissent leur rôle.

Un rire québécois, quelle que soit sa qualité, pour une production québécoise.

Les images d'Alexandre Bussières (« Y'en aura pas de facile », « L'empreinte », vidéoclip « Xavier Caféine-Le feu ») sont logiques et conventionnelles. Le jeu focal est parfois intéressant. Quant à la musique de Frédéric Bégin, qui a aussi été de « Bluff » et de « Y'en aura pas de facile », elle suit le thème, souvent anglais, avec comme départ la chanson de Presley.

Cote: Deux (sur cinq)

Bande annonce:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=am-jxv_n6_c&t=35

Éric Salvail et Remy Girard proposent des personnages colorés, même habillés en noir. (Photo: courtoisie Les Films Séville)

Éric Salvail et Remy Girard proposent des personnages colorés, même habillés en noir. (Photo: courtoisie Les Films Séville)

Pauk Doucet demeure convaincant. (Photo: courtoisie Les Films Séville)

Pauk Doucet demeure convaincant. (Photo: courtoisie Les Films Séville)

Pierre-Ftançois Legendre et Édith Cochrane campent le couple « maître-chanteur ». (Photo: courtoisie Les Films Séville)

Pierre-Ftançois Legendre et Édith Cochrane campent le couple « maître-chanteur ». (Photo: courtoisie Les Films Séville)

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À propos

Arts et spectacles à Rimouski, Québec, Canada; cinéma et télé