Nicolas Bédard convaincant, surtout inspiré
À sa première prestation dans sa tournée au Bas-Saint-Laurent, vendredi, au café-bistro Le Bercail de Rimouski, le contrebassiste Nicolas Bédard, lauréat du Grand Prix du Festi Jazz 2012, a démontré qu'il n'a pas diminué le rythme. Au contraire.
Devant une belle salle, intimiste, mais communicative, le trio a livré quelques compositions du jeune musicien et quelques œuvres d'auteurs, surtout d'ici.
Avec son pianiste et son saxophoniste, tous deux très complices, le musicien a démontré une palette de couleurs jazziques impressionnante, selon une technique bien personnelle
Son inspiration demeure très « bédardienne », avec beaucoup de beaux clichés, dans le sens noble du terme, à la Ray Brown ou à la manière du regretté Niels-Henning Ørsted Pedersen, toujours précis, aussi complice de ses deux compagnons, qui ne l'abandonnent jamais. Et ce n'est pas un euphémisme.
Le pianiste claviériste, dont je n'ai malheureusement pas entendu le nom (je m'en excuse), a démontré une belle assurance, même si le rythme a parfois été « étendu », vite repris par la suite. Ce jeune musicien a été d'un bel appui, d'autant que son rôle de « sideman » a été respecté avec une belle fougue, se permettant des impros parfois linéaires, souvent justement élaborées.
Pour le saxo Alexandre Dion, si je ne m'abuse, sa prestance et sa façon de « louer » le thème demeurent une excellente portion du récital, dont j'ai vu la première partie.
Au segment « rimouskois » (un titre de la pièce), il a démontré une assurance et un sens de la narration jazzique très précis, sans pour autant tomber dans le cabotinage. Des élans bien accrochés, un peu secs à l'occasion, surtout orientés par une inspiration et une élégance indiscutables, ont marqué le segment.
Ce trio démontre, à plus d'un point de vue, une manière prouvée « d'être jazz », le contrebassiste et auteur de plusieurs textes musicaux, « Novembre » et « K », entre autres, démontrant une maturité et une solidité d'improvisation déjà assurées, en compagnie de deux autres instrumentistes convaincus et autant déterminés de bien défendre la note bleue. Avec une élégance qu'il faut signaler.
Après le spectacle du 9 août, le trio se retrouve ce soir, 17 h, à la microbrasserie Aux Fous Brassants, de Rivière-du-Loup, et, le 11 août, à 10 h, aux Jardins de Métis.
En formule quintet cette fois, accompagné de deux musiciens de plus, Alexis French, à la trompette, et Nicolas Fizzano, à la batterie (prévus), le 16, au Camp musical du lac Matapédia, à 20 h 30, et le 17, à l'Église de Sainte-Rita, toujours à 20 h.
La série de six spectacles dédiée à la jeune relève québécoise du jazz prend fin, le 18 août, au pique-nique musical au parc Beauséjour de Rimouski, à midi, toujours en formule quintet.
