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19 Aug

« Elysium », le bonheur est dans le ciel

Publié par Laurent Leblond  - Catégories :  #Elysium Cinéma Rimouski

Ce film de Neill Blomkamp (« District 9 », « Stargate G1 » et « Smallville ») demeure dans la lignée de son dernier, qui se passe dans son pays natal, l'Afrique du Sud.

« Elysium » y propose d'autres images du lieu dès le départ, bien que la suite se retrouve à Los Angeles, alors que des véhicules spatiaux, celui de l'officier du service secret à la poursuite du héros, entre autres, portant le drapeau... sud-africain.

Constat évalué, « Elysium » est une production évidemment américaine, qui se permet des allusions aux problèmes actuels du monde, le fossé grandissant entre les riches et les pauvres, la hargne des profiteurs, le désespoir des pauvres, l'accès difficile aux soins et aux services sociaux, le travail esclave de l'argent et du pouvoir, d'ailleurs amenés avec une certaine agaçante répétition.

D'autres aspects d'« Elysium » sont aussi faciles à décortiquer et à prévoir, de l'amour naissant et constant entre les deux protagonistes à la révolution inévitable, alors que les éléments de la dramatique sont parfois plus déroutants, apportant une projection agréable et quelques fois surprenante, de l'utilisation des machines spatiales, et des armes convenables attachées, à cette terre refuge artificielle de l'espace, qui ressemble étrangement au refuge sidéral d'« Odyssée 2001 » de Stanley Kubrick. Prenons ça comme un hommage. À n'en pas douter.

De fait, cette histoire d'un ouvrier récidiviste en liberté surveillée (Matt Damon( qui veut se guérir sur cette terre promise (le refuge spatial), accessible par l'argent ou le banditisme (plus ça change, plus c'est pareil), qui le guérira de son accident mortel, demeure un peu anecdotique.

Or, la dramatique est amenée avec de longues séquences de mise en place, autant sur cette terre méconnaissable que dans ce refuge idyllique et riche, et met, enfin, en place cette histoire quelque peu embirlificottée, mais logique en cours de route, pour en arriver à un terme qui étonne, par quelques entourloupettes du scénariste, qui est, faut le préciser, aussi le réalisateur.

On est en 2154, la station Eysium abrite les riches, la terre est occupée par des survivants qui s'en sortent comme ils peuvent, avant de gagner un pactole ou le voler. C'est là que Max (Matt Damon) travaille, récidiviste repenti, victime d'un accident de travail, et qui veut survivre au verdict de la mort dans quelques jours.

Damon livre un personnage tourmenté, aussi sûr de ses décisions, après l'accident, truffé d'un attirail sophistiqué pour atteindre sa guérison et voler ce fameux code libérateur, espoir de révolution réussie.

Si les dialogue sont parfois « libres », dans le sens de bien sentis, ailleurs, c'est la routine, comme dirait le pirate d'Astérix. La surprise vient des séquences d'action et de techniques « avancées » (on est en 2154, ne l'oublions pas), logiques, avec, entre autres, des robots et des armes puissants et dévastateurs. Quoi de mieux pour avoir du sang ou des boulons qui volent partout. Mais, je le répète, le réalisateur a su doser ces extraits avec un certain bonheur, ajustant la formule au jeu des comédiens, dont la performance est très variable, selon le titre.

À ce niveau, la ministre de la défense, par Jodie Foster, est cynique et arriviste, sans toutefois créer une performance pétante (sauf dans les ordres de destruction qu'elle donne). Sharlto Copley (aussi Sud-africain) rend pour sa part une composition très valable de cet espion du futur, homme de main et tueur à gages, qui, devinez quoi, court après Max, qui aime bien le personnage d'Alice Braga (Fray), son amour de jeunesse, qu'il retrouve dans un hôpital terrestre plutôt décourageant, et dont la fille est leucémique.

Tout se rejoint en fait, alors que le chef de l'usine où travaille Max est un délégué de l'équipe spatiale, joué par William Fichtner (« Prison Break », « Crossing Lines » (excellente série de NBC), « Lone Ranger »), qui s'en tire assez bien, malgré quelques séquences ingrates. Le reste de la distribution fait ce qu'elle peut, dans un film où les effets et l'infographie demeurent les vedettes.

Ce que sert très bien Trent Opaloch (« District 9 », « Capitaine America », « Ghost Recon »), un directeur photo discret et obéissant, alors que la musique de Ryan Amon (son premier « score » pour un long métrage) demeure un tantinet réservée, dans une production socialement revendicatrice.

Bande annonce:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=eTz17IFLWBk&t=30

Cote:3 (sur 5)

Matt Damon est toujours aussi précis. (Photo: courtoisie Sony Pictures)

Matt Damon est toujours aussi précis. (Photo: courtoisie Sony Pictures)

Jodie Foster est plutôt neutre en cette politicienne « de l'espace ». (Photo: courtoisie Sony Pictures)

Jodie Foster est plutôt neutre en cette politicienne « de l'espace ». (Photo: courtoisie Sony Pictures)

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À propos

Arts et spectacles à Rimouski, Québec, Canada; cinéma et télé